Chambres d'hôtes et îlot de fraicheur
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Le château


Attesté depuis le XIe siècle, le château de Volhac est l’une des plus anciennes demeures castrales de la Haute Loire, inscrit à l’inventaire supplémentaire des MH, pour les façades et les toitures, depuis 1966. Il conserve la mémoire des grandes heures de l’histoire du Velay. Comme un vieux bateau à l’amarre sur son assise de basalte, il veille depuis mille ans sur les rives de la Loire qui a forgé sa forte identité. Le fleuve a sûrement autrefois baigné ses murs, lui donnant au sud-ouest une forme d’étrave. D’où son plan si singulier, en pentagone aplati, flanqué d’échauguettes aux quatre angles principaux, au midi d’une bretèche, à l’ouest d’un mâchicoulis défendant l’entrée principale. D’où son souterrain construit dans les fondations et maçonné d’orgues basaltiques, menant au fleuve pour assurer l’approvisionnement en eau ou la fuite en cas de siège, toujours visible et praticable aujourd’hui.

Place forte destinée à garder le passage de la Loire - très ancien passage déjà emprunté par Jules César lors de la guerre des Gaules - le château de Volhac occupait au Moyen-Âge une position stratégique sur la route reliant le nord au midi et passant par Le Puy-en-Velay, haut lieu de la chrétienté occidentale. Il a vu passer pèlerins et commerçants, partir les croisés en Terre sainte (son propriétaire d’alors, Pons de Fay partit pour la première croisade en 1097), au XVIe siècle, farouche partisan de la Ligue, il a vu s’affronter
catholiques et protestants pendant les guerres de religions, il a abrité les menées contre-révolutionnaires de ses occupants en 1793, mais aussi, dans les années 1930, les premières colonies de vacances crées en 1935 par l’action sociale des royalistes, sous l’égide de la Duchesse de Guise. Toujours, il a assisté, impuissant, mais fidèle à sa mission, aux terribles colères du fleuve qui, à plusieurs reprises emporta le pont en ravageant les abords et le parc de la propriété.

Transformé à la Renaissance en une riante villégiature, il est l’un des premiers « châteaux de la Loire ». Depuis lors, les propriétaires successifs du château de Volhac ont été des personnes ouvertes à la culture et aux arts, soucieuses de transmettre l’esprit dans lequel elles ont toujours habité, entretenu et fait rayonner leur maison. Passionné d’art, peintre et photographe, le Baron Jules de Vinols est l’auteur des modernisations de la propriété au XIXe siècle. Elu député légitimiste de la Haute Loire après la Commune, il a laissé des Mémoires politiques dans lesquelles il raconte avoir fait voter par l’Assemblée nationale l’éclairage du Louvre et l’enrichissement de ses collections. Son frère, Jean-Baptiste Louis de Vinols, est l‘auteur d’une Histoire des guerres de religion dans le Velay, ouvrage réédité qui fait toujours autorité.

La propriété, restée sans entretien pendant plusieurs décennies, a été rachetée en 1989 par Anne et Jean Muller qui l’ont sauvée de la ruine et restaurée en réalisant de nombreux travaux et aménagements pour la rendre habitable. Fidèles à l’âme de la maison et à l’esprit de ceux qui les y avaient précédés, ils se sont investis dans la défense du patrimoine et du développement culturel de la Haute-Loire. Ils ont transformé le château de Volhac un lieu ouvert, en y organisant des manifestations très diverses (fêtes des plantes, concerts, spectacles, expositions, stages de musique et de peinture, conférences, cours d’histoire de l’art).

Sa position au coeur d’un site naturel préservé et son parc à l’anglaise aménagé en terrasse sur la Loire au XIXe siècle, font du château de Volhac une demeure au charme incomparable. Situé à huit kilomètres du Puy-en-Velay, il résiste tant bien que mal à l’urbanisation galopante grâce à sa situation en bordure du dernier grand fleuve sauvage d’Europe, dans une zone classé Natura 2000, au carrefour de grands chemins de randonnées.

Aujourd’hui, le château de Volhac a pris un nouveau départ en se faisant « passeur » d’art et de culture et en accueillant en chambres d’hôtes, stagiaires, touristes et marcheurs.